
Damien, avez-vous craint un
moment après vous être blessé à Bordeaux, en match de préparation,
de devoir renoncer à la Coupe du monde ?
Non, avec le recul qu'on avait sur ce genre de blessure, j'en ai
tout de suite discuté avec le médecin du club et avec les soins
qu'il fallait, j'allais pouvoir postuler pour cette Coupe du monde.
Je savais que ce serait compliqué pour le premier match, mais que
pour la suite en revanche, c'était jouable.
Du fait de cette blessure, aviez-vous la certitude de débuter ce
deuxième match ?
Il y a toujours un doute. Une première équipe a été alignée pour
affronter les Japonais, par rapport à ce qu'avait annoncé le staff,
il y a cette volonté de roulement sur les deux premiers matches pour
permettre à tout le monde d'avoir un peu de temps de jeu, sachant
que pour certains, on avait joué le match de Bordeaux et que cela
faisait un moment qu'on n'avait pas de compétition. Donc on avait
besoin de temps de jeu pour les deux prochains matches, être tous
disponibles avec un certain temps de jeu pour prétendre à une place
dans le groupe.
"On avait mal à la tête"
Le déchet important enregistré face au Japon vous a-t-il
encouragé sur l'espoir de jouer ?
Vous savez, un début dans la compétition, c'est très difficile. J'ai
fait partie de l'aventure 2007 avec un premier match perdu face
l'Argentine. On avait vraiment gros mal de tête le lendemain matin,
Là, contre les Japonais, on avait mal à la tête, mais ça n'était pas
pareil. On a gagné, certes avec beaucoup de maladresses, mais dues
aux premiers matches et à l'entrée dans la compétition, beaucoup de
stress. Peut-être a-t-on pris ce match un peu trop à la légère par
rapport à ces Japonais très difficiles à jouer et qu'on avait déjà
eu du mal à battre en 2003. Je crois que ce match, malgré les
imperfections, va nous être bénéfique pour la suite de la
compétition, ça a permis d'appuyer sur certains points et montré
qu'il nous restait encore beaucoup de boulot sui on veut décrocher
ce titre de champion du monde. Donc il faut rester positif dans nos
propos, avoir confiance dans ce qu'on veut mettre en place et
continuer à bosser parce qu'il y a eu de très bonnes choses.
N'est-il pas un peu compliqué de se sentir concerné par des
fautes qu'on na pas commises ?
On est un groupe. On ne peut pas dire que si on avait été sur le
terrain, on n'aurait pas fait autant de bêtises. C'est le collectif
qui a voulu ça, chacun a fait sa petite erreur ; et c'est ce qu'on
s'est dit : ce sont ces erreurs qu'il faut gommer si l'on veut être
beaucoup plus performant, et notamment lors des semaines
d'entraînement, donc beaucoup d'application pour cette équipe du
Canada qui va nous poser des problèmes bien différents que ceux que
nous ont posé les Japonais.
"C'est toujours un
honneur de faire partie du groupe"
N'y a-t-il pas la crainte pour ceux qui rentrent face au Canada
de ne venir faire qu'un intérim ? Ou est-ce que c'est une question
que vous ne vous posez pas du tout ?
Franchement, ce n'est pas une question qu'on se pose. Au vu de la
logique du staff, ils l'ont toujours dit, il n'y a pas d'équipe une,
ni d'équipe deux. Ça, ce sont des problèmes que vous vous posez.
Nous, on est un groupe de trente, trente pour un objectif ; la
compétition est longue, il peut y avoir des contre-performances
individuelles, il peut y avoir malheureusement des blessures et tout
le monde se tient prêt si on fait appel à lui. C'est toujours un
honneur de faire partie du groupe, et on est tout le temps déçu
quand on n'y est pas parce qu'on est tous des compétiteurs et qu'on
a envie de jouer. Mais ça fait partie du jeu au début, on sait tous
qu'il y aura des heureux et des malheureux. Mais on fait tous bosser
ceux qui jouent quand on n'y est pas.
Marc Lièvremont a clairement indiqué qu'il souhaitait vous voire
vous fixer au poste d'arrière et qu'il ne comptait plus sur vous
notamment à l'ouverture. Ça a fait l'objet d'un échange avec le
sélectionneur ?
Pas de puis la blessure de David (Skrela), mais en début de
préparation, on en avait parlé notamment lorsqu'il m'avait dit qu'il
ne comptait plus sur moi qu'au poste d'arrière pour cette Coupe du
monde et éviter que je joue sur trois postes et que j'ai des repères
qui reviennent le plus souvent possible.