Marc Lièvremont, que
faut-il retenir de ce match laborieux ?
Je vais retenir la victoire. C'est le plus important pour moi et
pour démarrer la compétition. Sinon je souhaitais de la constance
dans la performance. Sur ce point, je ne suis pas satisfait.
Comment expliquez-vous le trou d’air vécu par votre équipe
en plein cœur de la seconde période ?
Je n’étais déjà pas très satisfait à la mi-temps. Dès le début du
match, on a manqué d’ambition. Sur nos quatre premiers lancés en
touche, nous commandons des mauls improductifs sur lesquels souvent
un seul joueur s'échappe et il est très vite contré. On a vu dès le
début qu'on avait une mêlée extrêmement forte avec des situations
centrales sur lesquelles on doit aller gagner des situations de
surnombre assez évidentes que l'on vendange. Maintenant, malgré
tout, on a eu le mérite d’ouvrir le score et de mener deux essais à
zéro. Ey là, on ne produit plus. On ne joue pas ensemble. Au retour
des vestiaires, on voulait mettre plus d’alternance dans notre jeu,
d’être plus ambitieux et de soigner le soutien au porteur de balle.
Vous souhaitiez marquer les esprits. Comment vous situez-vous après
le match par rapport à cette ambition ?
Ce n’est pas inquiétant car nous avons gagné. A mon sens, on a été
suffisant et approximatif donc au bout d’un moment, on l’a payé.
C’est un avertissement sans frais qui va nous permettre de remettre
les choses dans l'axe. On a aussi de mauvaises nouvelles avec
certainement une blessure assez conséquente pour David Skrela.
Pareil pour Fabrice Estebanez.
Les deux matchs contre l’Irlande avaient permis d’entrevoir
de bonnes choses. Avez-vous été surpris par la prestation de vos
joueurs ?
J’ai l’impression que les question se répètent. On n’est pas content
évidemment. A l’heure de jeu, on sentait vraiment les joueurs
complètement démobilisés et les Japonais complètement décomplexés,
puisqu’ils avaient toutes les raisons de l’être. Il fallait remettre
les choses en place, faire des choses plus simples, avec plus de
conviction pour se mettre à l’abri en vue du dernier quart d’heure.
On a réussi à le faire.
« On s’est fait peur tout seul
»
Au-delà des déceptions, vous avez évoqué de la suffisance…
Je ne sais pas mais certainement qu’on s’est vu trop beau. Ce que je
vois, c’est qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait
Avez-vous déjà transmis ce message à votre équipe ?
Je pense que j’ai fait ce que beaucoup d’entraîneurs font après les
matchs avec leur équipe. On s’est fait peur tout seul, avec une
entame de match où on marque des essais rapidement et en plus des
essais marqués, on a trois ou quatre occasions dans le premier quart
d’heure. A ce moment-là, on s’est dit qu’à moindre frais, sans faire
de gros efforts, on allait passer une bonne soirée. Ce sont des
choses qui sont arrivés à d’autres rugbymen, français ou d’autres
nations d’ailleurs. Ce comportement aurait pu nous coûter très cher
à l’heure de jeu.
Etes-vous soulagé ?
C’est la moindre des choses. Bravo aux Japonais, ils ont fait un
très bon match. John Kirwan voulait montrer toute la fierté de cette
équipe japonaise et ses progrès. Ils ont certainement été meilleurs
que nous.
Avez-vous envisagé la défaite ?
Je me suis dit que ce n’était pas possible.