A la veille du quart de finale entre la
France et la Grèce, Vincent Collet pense que ses joueurs ne sont pas à
l'abri d'une mauvaise surprise contre une équipe qui voudra "pourrir
le match".
Vincent, à quel genre de match vous
attendez-vous contre la Grèce ?
A mon avis, les Grecs vont chercher à faire un petit score. C'est leur
marque de fabrique. Je ne veux pas parler à leur place mais on peut
penser qu'ils vont essayer de limiter la rencontre à 60 points parce
qu'ils savent très bien que, dans un match comme ça, il y a moins
d'écart. Tout peut se jouer sur une ou deux possessions. La Grèce est
une bonne équipe. On essaiera de la repousser dans ses derniers
retranchements et d'appuyer sur nos points forts.
Il manque beaucoup de bons joueurs dans cette équipe grecque. Qui
craignez-vous en particulier ?
Par rapport à 2009, il n'y a pas Spanoulis ni Schortsanitis. Mais
Calathes a pris du galon. Il est beaucoup plus fort qu'li y a deux ans,
c'est devenu un vrai joueur d'Euroligue. Avec Zisis, ils forment une
traction arrière performante et assez complémentaire. Koufos, lui,
apporte du scoring à l'intérieur. Et ils s'appuient toujours sur un
Fotsis qui inspire un peu tout le monde, qui met des gros shoots.
Avec ces quatre jours de repos, avez-vous eu plus de temps pour
scouter cette équipe grecque. Qu'est-ce que ça change pour vous ?
Ça évite qu'on se couche à trois heures du matin, déjà. Et c'est
appréciable... Plus sérieusement, au fur et à mesure qu'on a avancé dans
la compétition, on a quand même déjà eu l'occasion de voir toutes les
équipes. Encore plus avec cette formule-là quand, au deuxième tour, il y
avait un match tous les deux jours. On en a profité avec mes assistants
pour aller voir les autres rencontres. Mais c'est vrai que ce repos nous
permet de regarder dans le détail certaines choses.
N'y a-t-il pas un risque, pour les joueurs, de décompresser ?
On est très impatients d'en découdre et c'est le seul bémol de ne jouer
que jeudi. Mentalement, c'est long. Dès lundi soir (après la défaite
contre l'Espagne, ndlr), on avait déjà la Grèce en tête. On sait
très bien que tout repart à zéro, tout s'efface. Quelque part, c'est
donc un nouveau départ et il faudra l'aborder à fond, d'entrée. Il n'y
aura pas de retour.
Il y a au bout de ce quart de finale une qualification pour le
prochain tournoi pré-olympique. Ce serait un premier objectif d'atteint
?
On pense d'abord à gagner ce match contre la Grèce pour aller plus loin
dans cet Euro mais c'est sûr que c'est aussi quelque chose de très
important. C'était d'ailleurs l'objectif fédéral, à l'origine. Et si on
parvient à le faire en nous qualifiant pour les demi-finales, ça ne nous
empêche pas d'avoir d'autres objectifs... Les Jeux, pour moi, c'est le
Graal. Arriver à se qualifier, vu la concurrence qui est la nôtre dans
le basket européen, ce serait quelque chose de fort.
Ressentez-vous une pression supplémentaire vu l'enjeu ?
Ce qui est cruel, c'est qu'on va tout jouer maintenant. Même si on perd
contre la Grèce, on n'aura pas rien fait jusqu'ici. Mais on sait très
bien que c'est là qu'on va jouer notre championnat d'Europe. Tout
commence là.
Allez-vous aborder avec les joueurs le passé entre la France et la
Grèce dans votre approche de cette rencontre ?
Je n'en aurai même pas besoin. Il y a des joueurs ici qui ont certains
souvenirs. Le groupe vit, ils échangent beaucoup. Je pense que les
anciens sauront le dire. Moi, je me concentre plutôt sur ce qu'est la
Grèce aujourd'hui. Je dois les préparer à quoi s'attendre, leur
expliquer pourquoi les Grecs vont vouloir pourrir le match, jouer sur un
faux rythme. Tout ce qui va dans leur sens et qu'on va devoir s'évertuer
à ne pas accepter. Ils vont jouer physique, regroupés, avec de
l'intimidation et des contacts. Le fait qu'ils aient changé de joueurs
ne modifiera pas ça, leur culture de jeu est restée la même.