Laurent Blanc s'est montré
légèrement tendu et agacé au lendemain de la courte victoire
des Bleus en Albanie (2-1). «Il ne faut pas que l'analyse
soit toujours dans le domaine du négatif», a-t-il
martelé.
«Vous aviez espéré
que certains joueurs reproduisent en sélection ce qu'ils
font en club. Cela a-t-il été le cas hier ?
Pour certains oui, pour d'autres un peu moins.
Pour qui ?
C'est à vous de le dire, c'est vous qui faites les
commentaires de match. Je ne parlerai plus individuellement
des joueurs. Je parlerai de secteurs de jeu, de la défense,
de l'entrejeu, de l'attaque mais plus de commentaire
particulier.
Pourquoi ?
Parce que.
Cela crée trop de problèmes dans le groupe ?
Oui. Cela crée surtout des problèmes là où il n'y en a pas.
On n'a pas besoin de ça, il y a suffisamment de choses à
régler, de choses à gérer. S'inventer des problèmes par
rapport aux commentaires que l'on peut faire
individuellement, je vais m'en passer pour quelque temps.
Non pas que je ne veuille pas les affronter, mais il y a
d'autres choses à régler beaucoup plus importantes, surtout
quand il n'y a pas de problème. S'il y en avait, ça pourrait
faire avancer les choses, mais là ça ne les fait pas
avancer, surtout qu'il n'y en pas. On ne va pas se créer des
problèmes quand même.
"J'ai rarement
vu des équipes de France qui dominaient leur sujet"
On a l'impression que le jeu de l'équipe penche à
gauche...
Chaque équipe a des côtés préférés. Il s'avère que notre jeu
penche à gauche. Il y a des joueurs qui sont plus à l'aise à
gauche, qui décrochent à gauche pour revenir sur leur bon
pied.
Ce n'est pas très drôle pour celui qui est à droite...
Oui, surtout s'il est gaucher.
C'est un
problème...
Oui. Je n'ai pas dit qu'il n'y avait pas de problème dans le
jeu. Si on gagnait tous nos matches 6-0, 4-0, 5-0, qu'on
dominait complètement l'adversaire... Mais on n'en est pas
encore là. Est-ce qu'un jour on en sera là ? J'ai rarement
vu des équipes de France qui dominaient leur sujet, sans
problèmes pour le sélectionneur, avec un titulaire
indiscutable à tous les postes. Ce n'est pas notre cas, on
est en phase de construction, vous l'oubliez parfois. On
construit petit à petit et j'estime que même s'il y a des
tâtonnements dans des secteurs de jeu, on gagne et je pense
que la première des choses quand on est en période de
construction, c'est de gagner.
Ne serait-il pas plus facile de faire jouer à droite
quelqu'un qui a envie d'y jouer ?
Je pense que Malouda peut jouer à droite, comme Ribéry peut
jouer à droite. Après on verra. S'il faut trancher, je
trancherai.
En quoi Benzema a-t-il changé ?
Je l'ai toujours trouvé fort. Après, il fallait qu'il le
confirme sur le terrain. Il l'avait confirmé à Lyon. Il est
en train de le reconfirmer à Madrid, ce qui lui fait prendre
une dimension supplémentaire. Il a des appuis fantastiques.
Sur un petit périmètre, il est capable de se mettre en
position de tir. Il peut sortir sur pied droit ou sur pied
gauche. Là où je trouve qu'il a changé, c'est dans son
raisonnement. J'écoute ce que disent les joueurs sur leur
match pour voir si je suis en phase avec eux. Etre capable
de bien analyser ses matches et être performant sur le
terrain, ça prouve son évolution. Ce garçon est bien dans
ses baskets en ce moment, que ça continue pour lui et pour
nous. Mais on a toujours l'image d'un garçon fermé, il faut
qu'il sourie.
Nasri ne sourit pas trop...
Il va sourire. Il a peut-être mal quelque part s'il ne
sourit pas. Je plaisante...
Cela ne vous dérange pas qu'il dise qu'il n'a rien à prouver
?
Je ne l'ai pas entendu dire ça et ce n'est pas le discours
qu'il me tient.
Qu'est-ce qui vous désole le plus sur le but
encaissé ?
Pfff... On a gagné, rassurez-moi, on a pris 3 points. Je
veux bien parler de Hugo Lloris qui a été bon, donc qui a
été sollicité, je reconnais que les Albanais nous ont posé
des problèmes. Mais il ne faut pas que l'analyse soit
toujours dans le domaine du négatif. Il n'y a pas eu des
sujets de satisfaction, hier ?
On a l'impression de vivre certaines choses
identiques à l'avant Euro 2008 ou Mondial 2010, dans le
comportement, l'animation offensive...
Je dis que ce n'est pas la vérité. C'est vrai que dans
l'animation offensive, il y a des choses qui ne tournent pas
rond et qui pourraient tourner mieux, mais de là à affirmer
cela, je ne suis pas d'accord.»